19.05.2009
Charlotte
(Ce texte date d’il y a un an, mais je le publie tel qu’il a été écrit, vers la mi-mai 2008.)
J’ai trouvé Charlotte.
Il y a un tout petit plus d’un an, je consacrais à Charlotte la fin d’une note sur ce blog. Ce matin, elle m’a offert ma plus belle émotion généalogique. Depuis quelques mois, elle m’obsédait. Mon fiancé ne compte plus les fois où il a entendu prononcer, telle une incantation, magique mais quelque peu désespérée, le nom de Charlotte H. J’y étais fermement résolue : même si personne ne m’aidait, je retrouverais Charlotte. J’ai multiplié les annonces, les messages sur Internet, les demandes anxieuses, comme si je cherchais une aiguille dans une botte de foin. Et puis, ce matin, ayant l’impression que j’avais épuisé toutes les autres possibilités existantes, j’ai consulté le site Internet des mormons. L’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours a cela de bien qu’elle s’est mise en tête de baptiser tous nos ancêtres, post-mortem, pour les faire bénéficier des bénédictions de l’Evangile. Pour baptiser les ancêtres, encore faut-il les retrouver. Les mormons ont donc entrepris une vaste entreprise de dépouillement de l’état-civil du monde entier, après avoir passé divers accords, contre la promesse de ne jamais faire de prosélytisme auprès des chercheurs (promesse jusque là tenue). Grâce à eux, l’état-civil et les registres paroissiaux français sont intégralement microfilmés (savoir si le contenu des microfilms en question est réellement disponible sur Internet est une autre histoire, mais ça vient progressivement). Je connaissais leur site Internet, celui où on peut consulter le contenu de la partie des microfilms mise à disposition, mais je n’y avais que très rarement trouvé mon bonheur. N’espérant pas y trouver Charlotte, je ne l’avais pas consulté. Et puis, ce matin, dans un éclair qui tient plus du désespoir absolu que du génie, j’ai décidé de me consoler de mes échecs successifs en sollicitant le moteur de recherche sur Charlotte H. En voyant s’afficher l’écran des résultats, je dois d’abord avouer que je n’y ai pas cru. Mon fiancé travaillait dans la même pièce, et il a entendu le cri que j’ai poussé. S’il avait vu mon visage au moment où j’ai compris que je tenais probablement enfin la clé du mystère, il aurait vu apparaître dans mes yeux une lueur, et une larme, qu’il n’avait vu y apparaître qu’une seule fois, également au cours d’une recherche généalogique. Je n’osais pas y croire. J’ai noté, fébrilement, les renseignements donnés. Mais je ne savais rien de plus sur cette Charlotte : qu’est-ce qui me prouvait que c’était bien ma Charlotte, celle que j’avais tant cherché ? J’avais besoin d’une confirmation. Elle m’est venue par un chercheur qui avait eu l’heureuse idée de mettre en ligne la numérisation de l’acte de mariage de son frère, avec le nom des témoins. Parmi ces derniers, le mari de Charlotte, qualifié de beau-frère du marié, facilement identifiable grâce à sa profession et son domicile. Si la quête est excitante, l’instant précis où elle se termine et où on tient le Graal dans ses mains est une expérience inoubliable. Charlotte, merci de t’être laissée trouver, merci de m’avoir conduite vers le paradis des généalogistes, en cet instant magique où on a devant nous l’acte tant convoité.
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15.05.2009
Promenades bourbonnaises
Il y a deux semaines, nous sommes partis en week-end dans le Bourbonnais (j'aurais pu dire dans l'Allier, mais dire « le Bourbonnais », ça fait plus chic, plus historique). J'entends déjà la question « mais qu'alliez-vous faire là-bas, alors qu'il y en France tant d'autres régions à visiter ? ». En fait, quand on prend la peine de s'y intéresser, l'Allier est un très beau département, offrant de nombreuses occasions de promenades et de visites.
C'est de ces visites que je voudrais parler. Comme à chaque fois que nous partons sur les routes de France, mon mari souligne sur la carte Michelin les châteaux et les églises à voir dans le coin. Comme château, donc, Hérisson, dont il ne reste malheureusement que des ruines, mais qui fait l'objet d'un programme européen de restauration, et qui offre un point de vue sublime sur les alentours, ce qui nous fait regretter de ne pas pouvoir monter tout en haut des tours qui surplombaient à l'époque le pays, et qui offraient certainement un panorama encore plus riche. Bourbon-l'Archambault, ensuite, que nous n'avons malheureusement pas pu visiter, pris par le temps, et par un programme assez riche, mais dont les trois tours Nord (les seules qui subsistent aujourd'hui parmi les quinze d'origine) en mettent plein la vue.
Mais c'est surtout d'une église que je voudrais parler. On s'attendrait à ce que je site Souvigny, très beau site clunisien qui, lui, est resté intact. Eh bien non. Nous n'avons pas pu visiter Souvigny, pour cause de restauration. Nous aurions pu visiter les jardins de l'ancienne église prieurale et le musée qui met en valeur l'édifice, mais, là encore, le temps nous pressait. Il nous aurait fallu beaucoup plus que deux jours et demi pour goûter toutes les richesses du Bourbonnais. Je parlerai donc de Saint-Menoux. Les vieux bourbonnais connaissent tous Saint-Menoux, et surtout son débredinoire (mon mari, à moitié bourbonnais, me jure qu'on dit « le » débredinoire, et non pas « la » débredinoire, comme c'est écrit un peu partout, sur les panneaux routiers et sur le site Internet de l'Office de Tourisme). Son débredinoire, donc, qui sert à débrediner les gens, à les rendre moins bredins, moins fous, moins simples d'esprit.
Pourquoi un débredinoire à Saint-Menoux? Une légende veut qu'un bredin, fidèle serviteur de saint Menuphle (saint Menoux), ait perçé un trou dans le flanc du sarcophage de son défunt maître pour l'honorer une dernière fois, et en soit ressorti débrediné. La dévotion populaire a fait le reste et le village est devenu un lieu de pélerinage. Qui dit lieu de pélerinage dit construction d'une église. Et quelle église!
Le sacré, ça ne se définit pas, ça s'expérimente, et, à Saint-Menoux, j'ai ressenti tout ce que l'art roman avait de sacré, dans ses proportions, dans l'élévation des bâtiments, dans son esthétique, dans ses ornements. Toute la différence entre art religieux et art sacré est là. L'art sacré, c'est l'art religieux qui fait ressentir une présence, un souffle, une grandeur, c'est l'art qui nous rappelle à chaque instant son but: que tout dans l'oeuvre achevée chante les louanges de Dieu.
La construction de l'église de Saint-Menoux a commencé il y a presque mille ans, et mille ans après, l'église est toujours remplie du souffle artistique, de l'inspiration divine de ses bâtisseurs.
13:27 Publié dans Art sacré | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bourbonnais, allier, souvigny, saint-menoux, bourbon-l'archambault, bocage, art sacré, souffle, inspiration, divin


