08.05.2009

Bloguer, à nouveau

J'ai envie de recommencer à bloguer.

Tout est parti d'un billet sur un blog, anodin pour beaucoup, peut-être. Sauf pour son auteur. Et pour moi. J'ai ressenti une telle émotion à la lecture de cette note que j'ai eu envie de recommencer à écrire, à publier à mon tour quelques notes, à partager quelques émotions et quelques impressions. J'étais prête à repartir à zéro, à recréer un blog, à choisir à nouveau un titre, une mise en page. Et puis ce blog s'est rappelé à moi, deux ans et deux jours après ma dernière note. J'ai relu ma première note, la toute première, la note de présentation, celle qui conditionnait tout. Le titre de ce blog ne me correspondait peut-être plus tout à fait. Allais-je vraiment le continuer? Allais-je repartir de zéro? C'est en relisant les autres notes que l'évidence s'est imposée à moi: je devais continuer.

Pourquoi devais-je continuer? À cause de nos grands-mères, que nous devrions tous écouter le dimanche, et surtout de nos grands-pères, de mon grand-père. Il n'était pas très causant, et la distance m'empêchait de venir souvent le voir. La maladie l'a rattrapé, la distance qui nous séparait a été abolie, et nous sommes allés l'écouter, religieusement, quelques dimanches. Nous nous étions promis de revenir avec un ordinateur portable et un dictaphone – ou tout objet assimilé – pour prendre en note tout ce qu'il avait envie de dire. Je l'ai appelé un vendredi, pour lui souhaiter, avec un jour de retard, une bonne année, et avec ponctualité, cette fois, un bon anniversaire. Je lui ai demandé si nous pouvions venir les voir, pas ce dimanche-là, mais le suivant, dans dix jours, et il a dit oui. Trois jours plus tard, à l'heure du réveil, le téléphone a sonné pour nous dire qu'il n'y aurait pas de dimanche cette semaine, qu'il n'y aurait plus jamais de dimanches.

Nous devrions tous écouter nos grands-mères le dimanche, mais j'ai trop attendu avant d'interroger mon grand-père.

C'est ce billet anodin, sur le blog que je citais plus haut, qui m'a rappelé tout ce que grand-père aurait eu à me dire et qu'il ne m'avait pas dit. Commencer un nouveau blog, c'était oublier les trois billets sur le thème de la mémoire et de l'écoute que j'ai déposés ici avant de m'interrompre - et qui en appelleront d'autres sur le même sujet.

En hommage à tout ce qui m'a à nouveau décidé à bloguer, je garde ce blog, je garde ce titre.  J'espère que le vent m'inspirera à nouveau des prétextes, pour parler de vieux papiers, entre autres, mais aussi d'autres émotions, quelques tranches de vie, pourquoi pas des coups de coeur. Peut-être n'aurai-je, dans quelque temps, plus besoin de prétextes.

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